Tournée des cimetières

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Pour Halloween, nous avons visité plusieurs cimetières de Berlin. C’est une façon de découvrir l’histoire de la ville à travers les personnes qui y sont enterrées.

Cimetière des Invalides

Commençons notre tournée par le cimetière des Invalides, dans le 1er arrondissement de Berlin, Mitte. Inauguré en 1748, c’est un des plus anciens cimetières de la ville. Berlin était alors la capitale du royaume de Prusse[1], qui a souvent été en guerre contre la France. Beaucoup de militaires de cette époque y sont enterrés et ont eu droit à des sépultures magnifiques. Par exemple, la tombe dans la photo de droite est celle du général Hans Karl von Winterfeldt.


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Pour expliquer les photos suivantes, il faut d’abord faire un résumé historique.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne nazie vaincue fut partagée en 1945 en quatre zones d’occupation par les puissances alliées : d’un côté, les trois puissances de l’Ouest, la France, les États-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni, et de l’autre côté la puissance de l’Est, l’Union soviétique. Berlin, située en Allemagne de l’Est, fut en tant que capitale de l’Allemagne également partagée en quatre secteurs d’occupation.

En 1961, le gouvernement est-allemand érigea un mur de 155 kilomètres de long et 3,6 mètres de haut encerclant complètement Berlin-Ouest, afin d’empêcher les habitants de l’Allemagne de l’Est de fuir vers Berlin-Ouest.


Clique sur une image pour l’agrandir. Ces cartes ont été créées à partir de celle-ci (plus d’information).

Ce mur de Berlin, qui est resté jusqu’en 1989, traversait le cimetière des Invalides. C’est ici que l’on déplora en 1962 les premières « victimes du mur », lorsqu’un adolescent de 14 ou 15 ans tenta de fuir la dictature du régime de l’Allemagne de l’Est en se jetant dans le canal pour rejoindre Berlin-Ouest à la nage. À la suite d’un échange de tirs entre les gardes-frontières de chaque côté du mur, l’adolescent fut grièvement blessé pendant qu’il nageait et Peter Göring, le garde-frontière du côté Berlin-Est qui lui tirait dessus, fut abattu.

Aujourd’hui, des portions du mur sont restées dans le cimetière afin de commémorer ces évènements. Nous verrons d’autres vestiges du mur de Berlin pendant mon séjour.


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Cimetière de Dorotheenstadt

Le cimetière de Dorotheenstadt est situé à vingt minutes de marche du cimetière des Invalides. Il fut fondé en 1762. Plusieurs personnalités de la vie politique et littéraire y sont enterrés. En particulier, l’écrivain Bertolt Brecht et son épouse l’actrice Helene Weigel (photo de gauche), le philosophe Georg Wilhelm Friedrich Hegel (photo du milieu) et le chimiste et médecin Friedrich Hoffmann (photo de droite).


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L’histoire et l’expérience enseignent que les peuples n’ont absolument rien appris de l’histoire.
— Hegel, « La philosophie de l’histoire »

Plusieurs tombes ont été endommagées pendant des combats.


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Ce cimetière est directement adossé au cimetière français de Berlin, qui fut ouvert en 1780 pour la communauté des descendants Huguenots et des Protestants d’origine française qui s’étaient réfugiés à Berlin lorsque l’édit de Nantes fut révoqué par Louis XIV en octobre 1685.

Ancien cimetière Saint-Matthieu

Ici sont enterrés les frères Grimm, Wilhelm et Jacob, qui ont atteint une renommée internationale par la publication de recueils de contes, dont les plus célèbres comptent Blanche-Neige, Cendrillon, la Belle au Bois Dormant, Hansel et Gretel…


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Cimetière Schöneberg III

Nous continuons vers le sud-ouest de Berlin pour visiter la tombe de l’actrice et chanteuse Marlene Dietrich, qui rejeta la nationalité allemande et se fit naturaliser américaine en 1939 du fait de son opposition à la politique nazie de l’Allemagne. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle partit rejoindre le front européen et donna plusieurs concerts pour soutenir moralement les troupes combattant l’Allemagne.


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Cimetière boisé de Berlin-Zehlendorf

Ici sont enterrées plusieurs personnalités politiques, dont des anciens maires de Berlin. Nous avons visité la tombe de Willy Brandt, qui fut non seulement maire de Berlin pendant que le mur fut construit, mais aussi chancelier de l’Allemagne de l’Ouest. Dans cette fonction, il a établi des relations diplomatiques avec plusieurs pays du bloc de l’Europe de l’Est et a pour cela reçu le prix Nobel de la paix en 1971.


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Une partie du cimetière est consacrée au cimetière militaire italien, où reposent 1 117 victimes de la Seconde Guerre mondiale. Sur la dernière photo, de gauche à droite, on reconnaît les drapeaux de la ville de Berlin, de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Union européenne.


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[1] C’est lorsque la France a déclaré la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870 que les différents états se sont unifiés contre elle et ont formé un empire allemand après la défaite de la France. Avant, les états avaient formé des alliances entre eux, mais ils étaient gouvernés indépendamment les uns des autres.

Au jardin botanique

23/10/2024ÉphéméridesMétéo
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Localisation du jardin botanique sur la carte de Berlin. Clique pour agrandir.

Par une magnifique journée ensoleillée d’automne, nous sommes allés au jardin botanique, situé dans le 6e arrondissement de Berlin, Steglitz-Zehlendorf.

Le jardin botanique a été créé entre 1897 et 1910 et appartient à l’université libre de Berlin, qui dirige aussi un musée botanique situé à l’entrée du jardin du côté nord (place de la reine Louise).

C’est l’un des plus grands jardins botaniques en Europe, avec une superficie de 43 hectares et plus de 22 000 espèces de plantes différentes.

Le jardin est partagé en plusieurs zones, chacune dédiée à une zone géographique spécifique du monde. Nous nous sommes surtout promenés dans la partie japonaise du jardin.


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Le jardin contient également quinze serres, dont la « grande serre », qui est la plus grande construction en acier et verre au monde. La première serre que l’on voit en entrant dans le jardin par l’entrée nord est celle des cactus.


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À l’étage sont rassemblées plusieurs plantes carnivores. Ici, l’air est plus humide. Les différentes salles des serres sont séparées par des portes hermétiques qui permettent d’avoir des conditions de température et d’humidité différentes.


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En 1899 fut créé dans le bâtiment du musée botanique un « service central botanique pour les colonies allemandes ». Celui-ci avait pour but d’étudier les plantes des colonies allemandes, afin de mieux comprendre ces plantes et d’optimiser les plantations. Car à l’époque, l’Allemagne avait colonisé ou essayé de coloniser, au moins en partie, beaucoup de pays, entre autres : la Namibie, le Cameroun, le Togo, le Nigeria, le Tchad, l’Afrique centrale, le Congo, le Gabon, la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi, le Kenya, la Nouvelle-Guinée, les îles Samoa, ainsi que quelques territoires en Chine.

Qu’est-ce que ça veut dire ? Le colonialisme, c’est quand un pays prend le contrôle d’un autre pays, souvent très loin de lui, pour s’approprier ses ressources naturelles comme des pierres précieuses, des minéraux, des plantes ou des épices. Les habitants de ces pays n’avaient pas le choix et n’étaient pas en position de se défendre. En gros, c’était du vol toléré par le reste du monde, comme si quelqu’un venait te piquer ton goûter à la récré tous les jours sous les yeux du personnel enseignant, sans que celui-ci n’intervienne. Il ne faut pas croire que seule l’Allemagne ait colonisé d’autres pays. Le Royaume-Uni et la France n’étaient pas en reste et ont même occupé plus de territoires que l’Allemagne. Après la Première Guerre mondiale, en 1918, l’Allemagne a dû abandonner ses colonies au profit des vainqueurs de la guerre. Aujourd’hui, la plupart des pays colonisés sont indépendants[1]. Mais même de nos jours, l’Allemagne a toujours des comptes à rendre aux anciennes colonies, par exemple, parce que nombre de ses musées contiennent des œuvres d’art qui devraient être rendues aux pays auxquels elles ont été volées pendant la colonisation.

En 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale, ce service central botanique pour les colonies allemandes fut très endommagé par des bombes. Aujourd’hui, il en reste surtout la Welwitschia mirabilis, provenant de Namibie.

[1] Du moins en ce qui concerne leurs gouvernements. En réalité, les dépendances économiques restent très fortes et les pays « développés » continuent de profiter énormément des anciennes colonies.

Arrivée à Berlin

22/10/2024ÉphéméridesMétéo
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Je suis arrivé chez ma famille d’accueil par la poste ce matin. Il y a beaucoup de vent, alors nous sommes restés à la maison. Sinon, le vent aurait pu m’emporter.

De toutes façons, je suis fatigué. Entre l’école et la maison de ma famille d’accueil, il y a presque 1 500 kilomètres. Après un si long trajet, il faut se reposer.

Je suis à Berlin, la capitale de l’Allemagne. Environ 3,8 millions de personnes y vivent. Pour comparer, la ville de Paris compte à peu près 2,1 millions d’habitants. Berlin est divisée en douze arrondissements et 97 quartiers. C’est une ville plate, avec très peu de petites collines, de nombreux lacs et rivières et 39 % d’espaces verts, ce qui la rend idéale pour se déplacer en vélo.


Clique sur une image pour l’agrandir. Les trois premières cartes ont été réalisées grâce à MapChart.

Berlin a été marquée par un parcours mouvementé au cours du XXe siècle et nous allons visiter plusieurs lieux d’importance historique pendant mon séjour.