Le château de Charlottenbourg

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Par une belle mais froide journée ensoleillée, nous avons visité le château de Charlottenbourg, situé dans l’arrondissement du même nom. Il s’agit du plus grand palais de Berlin, qui servit pendant presque deux siècles de résidence à la famille royale des Hohenzollern. Nous avons déjà vu sa façade lors de la visite du marché de Noël.


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Le château fut commandé par la première reine de Prusse Sophie-Charlotte de Hanovre (1668-1705), épouse de Frédéric III (1657-1713), en 1695. Frédéric III fut sacré roi de Prusse en 1701 sous le nom de Frédéric Ier de Prusse. De style baroque, le château fut construit en plusieurs étapes jusqu’en 1791. D’abord appelé Lietzenbourg, le château fut rebaptisé Charlottenbourg après la mort de la reine Sophie-Charlotte en 1705 à l’âge de 36 ans.

L’entrée de la cour du château est gardée par deux statues de gladiateurs Borghèses. Le grillage est agrémenté d’étoiles dorées contenant l’aigle noir, symbole de la Prusse.


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La statue au centre de la cour est celle du duc de Prusse Frédéric-Guillaume Ier de Brandebourg, père de Frédéric Ier.


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Au rez-de-chaussée du château, on peut visiter plusieurs pièces magnifiques. Le château fut partiellement détruit pendant la Seconde Guerre mondiale et restauré. Certaines pièces ont encore des dégâts au plafond. Les deux premières photos montrent la salle d’audiences de la reine, adjacente à la galerie des portraits qui est malheureusement fermée à la visite (troisième photo). La chambre verte avec les miroirs (quatrième photo) était une chambre à coucher de la reine Sophie-Charlotte datant de l’époque avant le couronnement de son époux. Dans l’antichambre (cinquième photo) est exposé un clavecin peint à la manière chinoise, ce qui était alors à la mode. La reine Sophie-Charlotte excellait à cet instrument, mais pas seulement : elle s’intéressait aussi aux sciences et à la philosophie et était liée d’amitié avec le savant Gottfried Wilhelm Leibniz. Les deux photos suivantes montrent le cabinet damassé rouge, avec, en bleu tout le long du bas du mur, les emblèmes de la reine Sophie-Charlotte (le cheval) et du roi Frédéric Ier (l’aigle). Enfin, le lit somptueux fait partie de la chambre à coucher d’apparat, qui était utilisée pour en jeter plein les yeux aux visiteurs mais dans laquelle il était rare de dormir.


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La pièce suivante est époustouflante. Il s’agit du cabinet de porcelaine, où plus de 2700 objets en porcelaine sont présentés.


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Juste à côté se trouve la chapelle du château. Elle est surprenante de par sa richesse, car la famille royale de Prusse n’était pas catholique mais convertie au calvinisme, qui prône plutôt l’humilité et la modestie. L’orgue fut également détruit et reconstruit après la Seconde Guerre mondiale.


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À l’étage, on peut visiter une exposition sur la famille des Hohenzollern. Dans la pièce ronde sous la coupole se trouvent plusieurs vases gigantesques. On peut déjà les voir de l’extérieur avant d’entrer dans le château.


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Suivent plusieurs objets de l’exposition, casque de funérailles, épées, ainsi que les insignes de pouvoir : deux couronnes, l’orbe impérial bleu, le sceau impérial et le sceptre impérial serti de joyaux.



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Les trois portraits côte à côte représentent des ancêtres de la famille des Hohenzollern, mais en vérité, le personnage le plus ancien dans le tableau de gauche, le comte Otto von Zollern (année 933), n’a jamais existé et a été inventé de toutes pièces pour faire croire que la famille était plus ancienne qu’en réalité. Comme quoi, l’infox ne date pas d’hier.

Les pièces suivantes montrent une impressionnante collection d’argenterie et de porcelaines. Le rebord de certaines assiettes est comme de la dentelle ou des perles. La pièce sur la photo de droite est un cadeau des différentes provinces d’Allemagne pour le mariage de Guillaume II et Augusta-Victoria en 1881.


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Les petites boîtes à bijoux ou à tabac exposées ci-dessous étaient des « précieux » offerts en guise d’amitié ou pour se procurer la loyauté des personnes qui les recevaient.


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Dans une autre salle, on peut voir les portraits de plusieurs reines. Les deux premiers sont ceux de la reine Sophie-Charlotte. La reine Louise (1776-1810) était très aimée du peuple du fait de sa grande beauté. Le dernier portrait représente Victoria du Royaume-Uni (1840-1901), épouse de Frédéric III, huitième roi de Prusse.


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Ci-dessous, la vue du jardin depuis le château, où nous somme ensuite allés nous promener.


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Le jardin et sa partie boisée au fond occupent une superficie de 55 hectares. Nous avons fait le tour du château par la gauche et nous sommes d’abord reposés dans l’orangerie, qui est maintenant un café, pour nous réchauffer avec un cappuccino et un gâteau au fromage et à la mandarine.


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Un parc à la française inspiré des jardins de Le Nôtre s’étend derrière le château. On voit que les jardiniers laissent les marmottes faire ce qu’elles veulent, elles ont creusé plein de trous dans la pelouse. Au bout du jardin se trouve un petit étang qui attire autant les oiseaux que les visiteurs, qui viennent les nourrir alors que ce n’est pas conseillé : donner du pain aux oiseaux leur cause des douleurs au ventre et pollue le fond de l’étang. La plupart des oiseaux sont des canards et des foulques, avec quelques cygnes et des hérons. Bien sûr, il y a aussi beaucoup de moineaux dans les haies, comme partout à Berlin.


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En passant à droite de l’étang, près du canal, on arrive à un petit pont romantique en bois rouge, où les visiteurs aiment se prendre en photo. Un peu plus loin se trouvent une petite maison appelée belvédère, puis une aire de jeux pour les enfants. Il y a aussi un mausolée à l’intérieur duquel reposent la reine Louise et plusieurs autres membres de la famille des Hohenzollern.


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Comme il a fait très froid ces derniers jours, les étangs et cours d’eau sont encore en partie gelés.


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Ampelmännchen

13/01/2025ÉphéméridesMétéo
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Aujourd’hui, je vais te présenter les feux de circulation pour les piétons de Berlin. Il y en a de plusieurs sortes en Allemagne, mais en gros, on peut dire qu’il y a surtout les feux de l’ancienne Allemagne de l’Ouest et ceux de l’ancienne Allemagne de l’Est. Les feux de l’Allemagne de l’Ouest ressemblent beaucoup à ceux utilisés en France (image animée de gauche), et s’il n’y avait que ceux-là, ça ne vaudrait pas la peine d’écrire un article dessus. En Allemagne de l’Est étaient utilisés les feux que tu peux voir sur les deux autres images, et ce sont ces feux que l’on appelle Ampelmännchen (ce qui signifie « petits bonshommes du feu de signalisation »). Le mot Ampelmännchen englobe tous les feux de circulation pour les piétons, mais c’est surtout à ceux de l’Allemagne de l’Est que l’on pense quand on entend le mot.


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Comme Berlin était coupée en deux[1] de la fin de la seconde guerre mondiale jusqu’à la chute du mur en 1989, il y avait deux types de feux de signalisation pour les piétons, selon qu’on était à Berlin-Ouest ou Berlin-Est.

Après la chute du mur, les signaux de Berlin-Est ont commencé à être remplacés par ceux de Berlin-Ouest. Des protestations ont cependant mis fin au remplacement : la population ne voulait pas perdre cet héritage culturel de l’Allemagne de l’Est. Plusieurs initiatives pour la conservation des Ampelmännchen ont conduit à leur inclusion officielle dans le code de la route.

Pour les vingt-cinq ans de la réunification allemande, une statue a été dédiée à l’Ampelmännchen, que l’on peut voir dans le jardin des représentants de la région de la Hesse au gouvernement (photo de gauche). L’intérêt touristique pour les Ampelmännchen a même conduit à l’ouverture de plusieurs magasins de souvenirs spécialisés (photo de droite).


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Les deux photos ci-dessous ont été prises à l’intérieur du magasin dans la rue Unter den Linden, entre la porte de Brandebourg et la tour de la télévision. J’ai découvert la plaque d’égout avec l’Ampelmännchen au sol dans le magasin, mais je ne l’ai jamais vue dans la ville.

Depuis 2005, ce sont les feux de circulation de Berlin-Ouest qui sont peu à peu remplacés par les Ampelmännchen. On ne peut plus savoir si on est dans la partie anciennement Est ou Ouest de Berlin juste en regardant les feux de circulation. Les Ampelmännchen sont devenus un symbole de la ville de Berlin.

[1] Berlin-Est était la zone d’occupation par l’Union soviétique et les trois zones d’occupation française, anglaise et américaine formaient Berlin-Ouest, qui a été entouré par le mur de Berlin de 1961 à 1989.

Première neige

05/01/2025ÉphéméridesMétéo
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Ça y est, il a enfin neigé !

On avait déjà eu quelques flocons vendredi, mais très peu, juste de quoi rendre le sol glissant. La photo de gauche prise hier montre la vue depuis le balcon.

Ce soir, il est tombé plus de neige. Les enfants du voisinage sont sortis pour y jouer. Nous sommes aussi descendus dans la rue. Il a fallu se dépêcher, car la pluie est prévue pour 19:00 et demain, lundi, il fera plus chaud avec onze degrés, toute la neige aura fondu.


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Bonne année 2025 ! La Saint-Sylvestre en Allemagne

01/01/2025ÉphéméridesMétéo
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Je me joins à Clément pour vous souhaiter à tous une bonne année 2025 !

En Allemagne, tout le monde a le droit de faire des feux d’artifice dans la rue pour fêter la Saint-Sylvestre. Nous nous sommes installés dans la véranda tout en haut de la maison pour les admirer à l’abri du froid et des fumées.


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Parce qu’il y a beaucoup de gens qui font des feux d’artifice. Officiellement, on a le droit de le faire à partir du 31 décembre à 18 heures[1], mais c’est à minuit que le ciel explose de toutes les couleurs. Et très vite, l’air est rempli de fumées et de particules fines qui ne sont pas vraiment bonnes pour la santé, car elles sont cancérigènes et contribuent à la pollution de l’air. Enfin, avec le vent qu’il y avait, pour une fois, ça allait. Les feux d’artifice ont continué toute la nuit, jusque vers huit heures du matin. Sans protections auditives, on aurait très mal dormi.

Publicité contre les feux d’artifice.

D’ailleurs, en parlant de bruit, les animaux souffrent tous beaucoup des feux d’artifice de la Saint-Sylvestre. À l’époque où j’avais une chatte à la maison, elle passait toujours la nuit de la Saint-Sylvestre terrorisée derrière la machine à laver. En témoigne cette publicité d’une association de protection des animaux contre les feux d’artifice que j’ai photographiée par la fenêtre à une station de train en allant travailler vendredi dernier. Le texte dit :

Für dich der Himmel. Für sie die Hölle.

ce qui signifie[2]

Pour toi le paradis. Pour eux l’enfer.

Il n’y a pas que les animaux de compagnie qui souffrent de stress. Par exemple, cette étude d’il y a deux ans montre que le comportement des oies sauvages change tous les ans à cause des feux d’artifice : elles dorment moins, se déplacent entre 5 et 16 kilomètres de plus que les autres jours, sans doute en quête d’endroit plus calme pour dormir, et en conséquence doivent manger plus dans les jours qui suivent afin de compenser les calories perdues par les déplacement supplémentaires, ce qui n’est pas évident en hiver.

D’autre part, les urgences ont beaucoup à faire dans la nuit de la Saint-Sylvestre, car les gens se blessent en manipulant les feux d’artifice[3]. Rien qu’à l’hôpital pour les accidents de Berlin, 42 personnes ont été traitées pour des blessures aux mains, aux yeux et au visage. À l’hôpital de la Charité, on a compté 49 blessés. Dans toute l’Allemagne, cinq personnes sont décédées cette année à cause d’accidents liés aux feux d’artifice. La plupart du temps, c’est parce que les gens ne respectent pas les consignes de sécurité ou parce qu’ils ont fabriqué eux-mêmes les explosifs. Pour cette raison, je préfère rester à la maison pendant la Saint-Sylvestre. Mais même à la maison, on n’est pas sûr d’être en sécurité : dans le quartier de Schöneberg, un explosif artisanal a causé la destruction des vitres de plusieurs voitures et de sept maisons jusqu’au quatrième étage. Les habitants ont été évacués de leurs appartements et la personne responsable de l’explosion risque jusqu’à cinq ans de prison et 50 000 euros d’amende — ce qui est peu au regard des dommages causés.

Enfin, je n’ai pas encore parlé du coût de ces feux d’artifice : en 2023, dernière année pour laquelle les chiffres sont définitifs, les allemands avaient dépensé 180 millions d’euros[4]. Avec autant d’argent, on pourrait construire 30 écoles, ou offrir un repas par jour à 50 000 personnes en difficulté financière pendant toute l’année ! Ça me semblerait plus utile que tous ces feux d’artifice dangereux et polluants, même si on aime bien les regarder.

Le 1er janvier au matin, c’est toujours la même chose : les rues sont pleines de déchets. Il ne faut surtout pas laisser les enfants s’en approcher, car on y trouve parfois des explosifs encore intacts.


Clique sur une image pour l’agrandir. Sauras-tu trouver Clément parmi les débris devant la gare de Lichterfelde West ?

Nous sommes sortis pour trouver une des rares boulangeries ouvertes en ce jour férié. Traditionnellement, les allemands commencent l’année en mangeant un beignet, ci-dessous à la confiture de fraises. Ce genre de beignet est appelé « Pfannkuchen » à Berlin et « Berliner » dans le reste de l’Allemagne. Traduit littéralement, « Pfannkuchen » signifie « pancake », mais ça n’a rien à voir.

[1] À l’exception de certaines zones dans la ville, comme dans la rue du 17 juin entre la porte de Brandebourg et la colonne de la Victoire, où 65 000 personnes se sont réunies pour faire la fête.

[2] Le mot « Himmel » signifie « ciel », mais ici on doit le comprendre comme synonyme de paradis.

[3] Source : https://www.rbb24.de/panorama/beitrag/2025/01/silvester-bilanz-tot-verletzt-boeller-brandenburg-berlin-polizei-festnahmen.html

[4] Certaines personnes dépensent des milliers d’euros juste pour faire des feux d’artifice à la Saint-Sylvestre.