Sur les marchés de Noël

20/12/2024ÉphéméridesMétéo
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C’est bientôt Noël, alors je vais te montrer les marchés de Noël que nous avons visités. D’après la liste publiée sur le site de Berlin, il y en a cent dans toute la ville. Traditionnellement, les marchés de Noël démarrent le premier week-end de l’Avent, qui a commencé cette année le 1er décembre, et se terminent un ou deux jours avant Noël. Cependant, certains ouvrent une ou deux semaines plus tôt et se terminent en janvier, et d’autres ne sont ouverts qu’un seul week-end pendant l’Avent.

Ci-dessous, le marché de Noël sur l’Alexanderplatz, tout près de la tour de la télévision. Il y a peu de monde car nous somme passés par là fin novembre, le marché était installé mais pas encore ouvert.


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Du fait de sa proximité, nous avons souvent visité le marché de Noël de Steglitz dans la Schloßstraße, qui est la rue commerçante du quartier. Sur la photo derrière moi, tu vois la pyramide de Noël. C’est un élément central des marchés de Noël. Dans les étages de la pyramide, on peut voir des personnages de la crèche. À partir du premier étage, la pyramide tourne autour de son axe vertical.


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Nous avons aussi passé beaucoup de temps sur le marché de Noël de Zehlendorf, qui est installé sur une place près de la mairie. Il est plus intéressant pour les enfants, car il y a plus de manèges et même une patinoire artificielle : le sol n’est pas recouvert de glace mais d’un revêtement en plastique, ce qui ne nécessite pas de dépenser de l’énergie constamment pour refroidir le sol et est écologiquement mieux, même si le plastique, ce n’est pas top pour l’environnement. Les petits ours blancs sur les skis sont là pour aider les gens qui ne savent pas encore patiner à se tenir debout, ils ont des poignées de chaque côté de la tête.


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Les marchés de Noël contiennent plusieurs types de stands : certains vendent des vêtements, d’autres des jouets. Mais la plupart des stands vendent des boissons et de la nourriture, car c’est surtout pour cela que les gens y viennent. Ci-dessous, par exemple :

  • du vin chaud, la boisson la plus consommée sur les marchés de Noël, mais il y a aussi du jus de pomme chaud à la cannelle, du chocolat chaud…
  • une « saucisse de Cracovie » (Krakauerwurst en allemand), sur ce qui n’est pas des épinards mais du chou vert (Grünkohl), très apprécié des allemands,
  • des galettes de pommes de terre avec de la compote de pommes.


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Le marché de Noël suivant est dans le quartier de Charlottenbourg, devant le château éponyme, dont nous parlerons une autre fois. La façade du château est utilisée le soir pour des projections de lumière. Sur la dernière photo, on reconnaît bien sûr la pyramide de Noël.


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Enfin, quelques photos du marché de Noël au pied de l’église du Souvenir de l’Empereur Guillaume, où nous étions hier soir.


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Trigger warning.

Ce marché de Noël est devenu tristement célèbre à cause de l’attentat du 19 décembre 2016, lorsqu’un conducteur de camion a sciemment foncé sur le marché, tuant treize personnes et en blessant une cinquantaine. Depuis, la sécurité a été renforcée par des barrières entre la route et les stands, et des policiers y patrouillent régulièrement.


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La porte de Brandebourg

13/12/2024ÉphéméridesMétéo
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Aujourd’hui, je vais te faire découvrir la porte de Brandebourg dans l’arrondissement de Berlin-Mitte. La photo a été prise le 23 octobre, juste après mon arrivée à Berlin. Heureusement, parce que le temps était magnifique. En ce moment, il fait bien plus gris et froid, il vaut mieux rester à la maison et boire du chocolat chaud. La place sur laquelle nous nous tenons sur la photo est la place de Paris.


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Derrière la porte, on voit les arbres du grand parc Tiergarten avec, à deux kilomètres en ligne droite, la colonne de la Victoire, que l’on reconnaît à peine sur la photo. En suivant la même route dans l’autre sens pendant deux kilomètres derrière la photographe, tournant légèrement sur la gauche, on arrive à la tour de la télévision. Pour rappel, les photos ci-dessous montrent la porte de Brandebourg vue depuis le haut de la colonne de la Victoire, ainsi que sa maquette exposée au rez-de-chaussée de la colonne.


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Deuxième attraction touristique de la ville d’après cette liste, la porte de Brandebourg fut construite pendant la Révolution française, de 1788 à 1791, pour le roi de Prusse Frédéric-Guillaume II. À l’époque, la porte était située à la limite de la ville, sur la route allant vers la ville de Brandebourg-sur-la-Havel, d’où son nom. Comprenant cinq passages et une petite maison de chaque côté, elle fait 20,3 mètres de haut, 62,5 mètres de long et a une profondeur de 11 mètres. En 1793 lui est ajouté un quadrige sur le toit : une statue montrant la déesse de la Victoire sur un char tiré par quatre chevaux, donnant au bâtiment une hauteur totale de 26 mètres. Le quadrige est en cuivre, ce qui explique sa couleur verte, car le cuivre en s’oxydant sous l’effet de l’humidité se recouvre d’une couche verte[1].

En 1806, Napoléon Bonaparte, empereur des Français sous le nom de Napoléon Ier, arriva à Berlin après avoir remporté plusieurs victoires lors de la guerre de la Quatrième Coalition. Les troupes françaises pillèrent la ville et le quadrige fut démonté, découpé en plusieurs morceaux et emporté à Paris, au départ pour être installé sur l’arc de triomphe, mais finalement pour être exposé au musée du Louvre. L’armée prussienne se vengea quelques années plus tard en remportant la campagne d’Allemagne avec l’aide de la Russie et le quadrige fut récupéré en avril 1814. Il était alors très endommagé par toutes ces péripéties et dut être restauré, ce qui dura jusqu’en septembre de la même année.

Après la construction du mur de Berlin en août 1961, la porte de Brandebourg se retrouva directement devant le mur. La photo ci-dessous à gauche prise en 1989 pendant des manifestations de chaque côté montre bien la séparation de la ville. Aujourd’hui, la porte de Brandebourg est souvent choisie comme lieu de festivités, par exemple pour des concerts, comme lors de la commémoration de la chute du mur en novembre, ou pour les feux d’artifice à la Saint-Sylvestre, ou pour y regarder les matchs de football importants sur des écrans géants.


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[1] C’est le même phénomène qui est à l’origine de la rouille rouge sombre sur les objets en fer lorsqu’ils perdent leur couche de peinture protectrice.

La colonne de la Victoire

01/12/2024ÉphéméridesMétéo
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Localisation de la colonne de la Victoire sur la carte de Berlin.

La colonne de la Victoire, appelée « Siegessäule » en allemand, est un monument commémorant les campagnes prussiennes de 1864, 1866, et 1870 contre le Danemark, l’Autriche et la France, respectivement. Elle fait partie d’un ensemble de monuments érigés à travers toute l’Allemagne nouvellement unifiée, afin de donner au peuple un sentiment d’identité nationale. C’est aussi l’une des plus grandes attractions touristiques de la ville.

Construite entre 1864 et 1873 sur l’actuelle place de la République, elle avait au départ une hauteur de 60,5 mètres. Entre 1938 et 1939, elle fut transférée vers sa position actuelle, au centre d’un immense rond-point appelé « großer Stern » (ce qui veut dire « grande étoile », parce que les rues qui en partent donnent l’impression d’une étoile, vues d’en haut), en plein milieu du grand parc Tiergarten. À cette occasion, un segment fut ajouté à la colonne, lui donnant une hauteur finale de 67 mètres. Vois-tu la différence entre la photo d’aujourd’hui et celle prise il y a plus d’un siècle ?


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La circulation sur le rond-point peut être très dense et il serait beaucoup trop dangereux de le traverser à pied. Pour se rendre à la colonne, il vaut mieux emprunter un passage souterrain. Plusieurs entrées sont situées près des passages piétons autour du rond-point.


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Statue dorée de Victoria.

Il es possible de visiter l’intérieur de la colonne et de monter jusqu’à la plateforme aux pieds de la statue dorée de Victoria, déesse de la victoire. Il faut pour cela être en forme, car l’escalier en colimaçons compte 285 marches. Le long de la montée, il y a des bancs pour reprendre son souffle, et plusieurs choses à visiter.

Au rez-de-chaussée, dans le socle carré de la colonne, se trouve une exposition sur les monuments nationaux en général. On y découvre bien sûr les monuments berlinois et allemands, comme la porte de Brandebourg et la cathédrale de Berlin, mais aussi ceux d’autres pays du monde, en photos et en maquettes, avec des panneaux explicatifs. Il y a même une maquette de la colonne de la Victoire[1] qui doit dater d’avant 1938, car elle n’a que trois segments.


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La rotonde au-dessus du socle carré est entièrement recouverte d’une mosaïque illustrant l’histoire de l’unité allemande.


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Après une montée épuisante, on arrive tout en haut sur la plateforme, d’où on peut observer la ville, à condition de ne pas avoir le vertige. La première photo vers l’est montre, de gauche à droite, la tour de la télévision, la cathédrale de Berlin, la mairie rouge derrière la porte de Brandebourg et la cathédrale française de Berlin. La deuxième photo est un zoom de la première. Au centre de la troisième photo, on voit l’église du Souvenir de l’Empereur Guillaume au sud-ouest de la colonne de la Victoire. Les constructions sphériques sur la colline Teufelsberg dans la cinquième photo font partie d’une ancienne station d’espionnage de la NSA pendant la guerre froide. Sur la droite de la photo, on voit la tour radio de Berlin. Enfin, la dernière photo montre la place de Potsdam, que nous avons déjà visitée.


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[1] Cela pose une question intéressante : y a-t-il une petite maquette de la maquette de la colonne de la Victoire dans la maquette de la colonne de la Victoire, et ainsi de suite indéfiniment ? Ce n’est pas possible. Je n’ai pas les dimensions exactes de la maquette, mais il me semble une bonne approximation de dire qu’elle fait 60,5 centimètres de haut et qu’elle est donc cent fois plus petite que la colonne d’origine elle-même. La maquette de la maquette devrait être alors cent fois plus petite que la maquette, soit 0,605 millimètres de haut. En continuant ainsi de suite, la cinquième maquette n’est déjà physiquement plus possible, car sa taille devrait être inférieure à celle d’un atome, et les atomes, ce sont les constituants élémentaires stables[2] de la matière. La troisième maquette serait à peine visible à l’œil nu, juste un tout petit petit point. La quatrième maquette ne serait plus visible, sa taille est de l’ordre de la longueur d’onde des rayons ultraviolets.

ObjetTaille en mètresEn unité plus pratique
C, colonne de la Victoire60,5 m60,5 m
M1, maquette de C0,0605 m6,05 cm
M2, maquette de M10,000605 m0,605 mm
M3, maquette de M20,00000605 m6,05 µm
M4, maquette de M30,0000000605 m60,5 nm
M5, maquette de M40,000000000605 m0,605 Å

[2] En occultant la radioactivité.

La tour de la télévision

23/11/2024ÉphéméridesMétéo
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Le Fernsehturm sur la carte de Berlin.

Le Fernsehturm fait partie des dix attractions touristiques incontournables à Berlin.

Construite de 1965 à 1969 sous la RDA et de 368 mètres de haut, la tour de la télévision est plus haute que la tour Eiffel, qui ne fait « que » 330 mètres de haut.

La photo de gauche me montre devant la tour de la télévision, vue depuis l’entrée de la mairie rouge (dont nous parlerons un autre jour). La photo de droite est tirée des archives de ma famille d’accueil et a été prise en mai 2013.


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La tour de la télévision sert bien sûr principalement d’antenne pour les chaînes de télévision. Il est cependant aussi possible de la visiter en tant que touriste.

À l’intérieur de la boule, où les fenêtres sont teintées en orange et inclinées vers le bas, se trouve une plateforme qui permet de faire tout le tour et d’observer l’étendue la ville. En fonction des conditions météorologiques, la visibilité peut atteindre 60 kilomètres. On accède à la boule par un ascenseur qui met 40 secondes à monter. Il faut pour cela acheter un ticket et il vaut mieux s’y prendre très à l’avance, si on veut y aller le week-end, car le nombre de tickets est limité.

À l’étage juste au-dessus de la plateforme, il y a un restaurant panoramique qui tourne à une vitesse radiale de 360° par heure. Au bout d’une heure, on se retrouve donc au point de départ.

Enseigne de magasin dans le quartier de Steglitz, avec la tour de la télévision dans son logo (clique sur l’image pour l’agrandir).

La tour de la télévision est devenue emblématique de la ville. Du fait de son emplacement près de la place Alexanderplatz, dans l’arrondissement de Berlin-Mitte, elle est surnommée « Alex ». Elle est présente sur de nombreux objets de souvenirs, comme des sacs, des vêtements… Des magasins incorporent même une version stylisée de la tour dans leurs logos, par exemple pour remplacer la lettre i dans leur nom.

La Currywurst

17/11/2024ÉphéméridesMétéo
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Aujourd’hui, on va parler de la cuisine berlinoise. Quand on pense à la gastronomie allemande en général, vue de la France, on pense surtout aux saucisses, comme illustré par exemple par le journaliste David Castello-Lopez dans sa vidéo sur les hymnes nationaux de plusieurs pays d’Europe :


Clique sur la vidéo pour la démarrer.

Une des spécialités de saucisse appréciée des allemands comme des touristes est la « Currywurst », qui se traduit par « saucisse au curry ».

Il s’agit d’une saucisse de couleur plutôt blanche, faite de viande de porc et de veau, grillée et recouverte d’une sauce ketchup à laquelle des épices sont ajoutées. Spécialité de restauration rapide, on la retrouve dans des snack-bars partout en Allemagne et même dans les wagons-restaurants des trains, mais son origine fait l’objet de disputes. Selon l’histoire la plus répandue, c’est la restauratrice Herta Heuwer qui a inventé la recette de la sauce curry pour accompagner cette saucisse, pendant l’été 1949, dans le quartier de Charlottenbourg à Berlin. Cela fait donc 75 ans. Depuis, la Currywurst a envahi la ville et le reste de l’Allemagne. On compte aujourd’hui 1 500 snack-bars proposant de la Currywurst à Berlin. Chaque année y sont consommées 70 millions de Currywürste (pluriel de Currywurst). À Berlin, il existe deux variantes de la Currywurst : avec et sans peau. Depuis quelques années, on trouve aussi des saucisses véganes, c’est-à-dire préparées sans viande animale.

Nous sommes allés à la Bratpfanne, un kiosque de restauration rapide très fréquenté dans le quartier de Steglitz, pour goûter la Currywurst. Enfin, il y avait surtout beaucoup de frites et très peu de saucisse à mon goût.


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La chute du mur de Berlin, 35 ans après

09/11/2024ÉphéméridesMétéo
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Le 9 novembre est une date lourde d’histoire en Allemagne. En 1918, deux jours avant que soit signé l’armistice de la Première Guerre mondiale, la « République allemande » fut proclamée, mettant fin à l’empire allemand.

En 1938, l’Allemagne était depuis cinq ans sous l’emprise du parti d’extrême droite des national-socialistes, désignés en France par l’abréviation « nazis ». Il s’agissait d’un parti à l’idéologie xénophobe, raciste et, particulièrement, antisémite, c’est-à-dire prônant la haine des juifs. Les nazis se sont servi du peuple juif comme bouc émissaire et l’ont décrété responsable de tous les problèmes de l’Allemagne, comme la défaite de la Première Guerre mondiale, alors que c’était totalement injustifié et absurde. Mais ce genre de populisme marche encore et toujours, malheureusement. Le 9 novembre 1938, cela a conduit à la « nuit de Cristal », pendant laquelle des centaines de lieux de culte et des milliers d’entreprises et de magasins juifs furent détruits dans toute l’Allemagne.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne vaincue fut partagée en quatre zones d’occupation par les puissances alliées : la France, les États-Unis d’Amérique, le Royaume-Uni et l’Union soviétique. Il en fut de même pour Berlin. L’Allemagne de l’Est (République démocratique allemande, RDA) était occupée par l’Union soviétique et il y fut mis en place une dictature : un régime politique sous lequel les gens n’avaient pas de droit d’exprimer leurs opinions si elles différaient de celles de leurs dirigeants et où les gens étaient punis si ils participaient à des manifestations. Cela a poussé tous les mois des milliers de personnes à fuir la RDA pour se réfugier en Allemagne de l’Ouest (République fédérale d’Allemagne, RFA).

Carte de Berlin. La ligne rouge marque l’emplacement du mur. Cette carte a été créée à partir de celle-ci (plus d’information).

Dans la nuit du 12 au 13 août 1961, le gouvernement de la RDA fit construire autour de la partie Ouest de Berlin un énorme mur de 155 kilomètres de long et 3,6 mètres de haut, prenant les habitants par surprise, afin de les empêcher de quitter la RDA. De nombreuses familles se sont ainsi retrouvées séparées sans possibilité de se revoir pendant de nombreuses années. Plus qu’un mur, il s’agissait d’un large couloir entre deux murs, contenant des tours de guets dans lesquelles des gardes armés surveillaient la frontière et tiraient sur quiconque essayait de passer. Nous avons vu une partie de l’ancien mur dans le cimetière des Invalides la semaine dernière.

Le 9 novembre 1989, suite à une erreur lors du discours télévisé d’un dirigeant politique de la RDA sur une nouvelle réglementation des voyages soudainement beaucoup plus permissive vers la RFA, des milliers de Berlinois de l’Est se ruèrent vers les points de passage du mur. Dépassés par les évènements, les gardes les laissèrent passer. Dans les jours qui suivirent, le mur fut détruit. C’est également le point de départ de l’effondrement de l’empire soviétique.

Pour commémorer la chute du mur de Berlin, la ville organise des festivités. Nous sommes allés sur la place de Potsdam, à travers laquelle passait le mur de Berlin.

Place de Potsdam sur la carte de Berlin.

Aujourd’hui, la place est méconnaissable. Des gratte-ciel y ont poussé, contenant des bureaux. La photo de gauche montre les gratte-ciel vus depuis le musée de la Neue Nationalgalerie. En chemin, nous avons découvert une sculpture de l’artiste américain Keith Haring, intitulée « les boxeurs ». La sculpture est placée dans une fontaine qui a été vidée pour l’hiver, afin qu’elle ne subisse pas de dégâts à cause du gel.


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Le trottoir au milieu de la rue est parsemé d’étoiles en l’honneur d’acteurs célèbres, un peu comme le « walk of fame » à Hollywood, Los Angeles. Bien sûr, on y trouve l’étoile de Marlene Dietrich, dont nous avons visité la tombe au cimetière Schöneberg III. Un peu plus loin, sous le dôme, se trouvent cinémas, restaurants, magasins et bureaux.


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Pour les 35 ans de la chute du mur de Berlin, les habitants ont été appelés à fabriquer des pancartes sur ce thème. En tout, il y en a mille, exposées entre la place de Potsdam et la porte de Brandebourg. Nous en avons choisi quatre. La première est intéressante car elle contient une phrase en dialecte Berlinois : au lieu de « das ist Berlin », ce qui signifie « c’est Berlin », il y est écrit « dit is Berlin ». Les Berlinois ne parlent pas tous l’allemand standard, mais ça reste tout de même compréhensible.


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Le parcours se termine devant la porte de Brandebourg, avec une installation de lumières, des écrans et une scène pour des concerts.


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Tournée des cimetières

31/10/2024ÉphéméridesMétéo
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Pour Halloween, nous avons visité plusieurs cimetières de Berlin. C’est une façon de découvrir l’histoire de la ville à travers les personnes qui y sont enterrées.

Cimetière des Invalides

Commençons notre tournée par le cimetière des Invalides, dans le 1er arrondissement de Berlin, Mitte. Inauguré en 1748, c’est un des plus anciens cimetières de la ville. Berlin était alors la capitale du royaume de Prusse[1], qui a souvent été en guerre contre la France. Beaucoup de militaires de cette époque y sont enterrés et ont eu droit à des sépultures magnifiques. Par exemple, la tombe dans la photo de droite est celle du général Hans Karl von Winterfeldt.


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Pour expliquer les photos suivantes, il faut d’abord faire un résumé historique.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne nazie vaincue fut partagée en 1945 en quatre zones d’occupation par les puissances alliées : d’un côté, les trois puissances de l’Ouest, la France, les États-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni, et de l’autre côté la puissance de l’Est, l’Union soviétique. Berlin, située en Allemagne de l’Est, fut en tant que capitale de l’Allemagne également partagée en quatre secteurs d’occupation.

En 1961, le gouvernement est-allemand érigea un mur de 155 kilomètres de long et 3,6 mètres de haut encerclant complètement Berlin-Ouest, afin d’empêcher les habitants de l’Allemagne de l’Est de fuir vers Berlin-Ouest.


Clique sur une image pour l’agrandir. Ces cartes ont été créées à partir de celle-ci (plus d’information).

Ce mur de Berlin, qui est resté jusqu’en 1989, traversait le cimetière des Invalides. C’est ici que l’on déplora en 1962 les premières « victimes du mur », lorsqu’un adolescent de 14 ou 15 ans tenta de fuir la dictature du régime de l’Allemagne de l’Est en se jetant dans le canal pour rejoindre Berlin-Ouest à la nage. À la suite d’un échange de tirs entre les gardes-frontières de chaque côté du mur, l’adolescent fut grièvement blessé pendant qu’il nageait et Peter Göring, le garde-frontière du côté Berlin-Est qui lui tirait dessus, fut abattu.

Aujourd’hui, des portions du mur sont restées dans le cimetière afin de commémorer ces évènements. Nous verrons d’autres vestiges du mur de Berlin pendant mon séjour.


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Cimetière de Dorotheenstadt

Le cimetière de Dorotheenstadt est situé à vingt minutes de marche du cimetière des Invalides. Il fut fondé en 1762. Plusieurs personnalités de la vie politique et littéraire y sont enterrés. En particulier, l’écrivain Bertolt Brecht et son épouse l’actrice Helene Weigel (photo de gauche), le philosophe Georg Wilhelm Friedrich Hegel (photo du milieu) et le chimiste et médecin Friedrich Hoffmann (photo de droite).


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L’histoire et l’expérience enseignent que les peuples n’ont absolument rien appris de l’histoire.
— Hegel, « La philosophie de l’histoire »

Plusieurs tombes ont été endommagées pendant des combats.


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Ce cimetière est directement adossé au cimetière français de Berlin, qui fut ouvert en 1780 pour la communauté des descendants Huguenots et des Protestants d’origine française qui s’étaient réfugiés à Berlin lorsque l’édit de Nantes fut révoqué par Louis XIV en octobre 1685.

Ancien cimetière Saint-Matthieu

Ici sont enterrés les frères Grimm, Wilhelm et Jacob, qui ont atteint une renommée internationale par la publication de recueils de contes, dont les plus célèbres comptent Blanche-Neige, Cendrillon, la Belle au Bois Dormant, Hansel et Gretel…


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Cimetière Schöneberg III

Nous continuons vers le sud-ouest de Berlin pour visiter la tombe de l’actrice et chanteuse Marlene Dietrich, qui rejeta la nationalité allemande et se fit naturaliser américaine en 1939 du fait de son opposition à la politique nazie de l’Allemagne. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle partit rejoindre le front européen et donna plusieurs concerts pour soutenir moralement les troupes combattant l’Allemagne.


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Cimetière boisé de Berlin-Zehlendorf

Ici sont enterrées plusieurs personnalités politiques, dont des anciens maires de Berlin. Nous avons visité la tombe de Willy Brandt, qui fut non seulement maire de Berlin pendant que le mur fut construit, mais aussi chancelier de l’Allemagne de l’Ouest. Dans cette fonction, il a établi des relations diplomatiques avec plusieurs pays du bloc de l’Europe de l’Est et a pour cela reçu le prix Nobel de la paix en 1971.


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Une partie du cimetière est consacrée au cimetière militaire italien, où reposent 1 117 victimes de la Seconde Guerre mondiale. Sur la dernière photo, de gauche à droite, on reconnaît les drapeaux de la ville de Berlin, de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Union européenne.


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[1] C’est lorsque la France a déclaré la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870 que les différents états se sont unifiés contre elle et ont formé un empire allemand après la défaite de la France. Avant, les états avaient formé des alliances entre eux, mais ils étaient gouvernés indépendamment les uns des autres.

Au jardin botanique

23/10/2024ÉphéméridesMétéo
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Localisation du jardin botanique sur la carte de Berlin. Clique pour agrandir.

Par une magnifique journée ensoleillée d’automne, nous sommes allés au jardin botanique, situé dans le 6e arrondissement de Berlin, Steglitz-Zehlendorf.

Le jardin botanique a été créé entre 1897 et 1910 et appartient à l’université libre de Berlin, qui dirige aussi un musée botanique situé à l’entrée du jardin du côté nord (place de la reine Louise).

C’est l’un des plus grands jardins botaniques en Europe, avec une superficie de 43 hectares et plus de 22 000 espèces de plantes différentes.

Le jardin est partagé en plusieurs zones, chacune dédiée à une zone géographique spécifique du monde. Nous nous sommes surtout promenés dans la partie japonaise du jardin.


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Le jardin contient également quinze serres, dont la « grande serre », qui est la plus grande construction en acier et verre au monde. La première serre que l’on voit en entrant dans le jardin par l’entrée nord est celle des cactus.


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À l’étage sont rassemblées plusieurs plantes carnivores. Ici, l’air est plus humide. Les différentes salles des serres sont séparées par des portes hermétiques qui permettent d’avoir des conditions de température et d’humidité différentes.


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En 1899 fut créé dans le bâtiment du musée botanique un « service central botanique pour les colonies allemandes ». Celui-ci avait pour but d’étudier les plantes des colonies allemandes, afin de mieux comprendre ces plantes et d’optimiser les plantations. Car à l’époque, l’Allemagne avait colonisé ou essayé de coloniser, au moins en partie, beaucoup de pays, entre autres : la Namibie, le Cameroun, le Togo, le Nigeria, le Tchad, l’Afrique centrale, le Congo, le Gabon, la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi, le Kenya, la Nouvelle-Guinée, les îles Samoa, ainsi que quelques territoires en Chine.

Qu’est-ce que ça veut dire ? Le colonialisme, c’est quand un pays prend le contrôle d’un autre pays, souvent très loin de lui, pour s’approprier ses ressources naturelles comme des pierres précieuses, des minéraux, des plantes ou des épices. Les habitants de ces pays n’avaient pas le choix et n’étaient pas en position de se défendre. En gros, c’était du vol toléré par le reste du monde, comme si quelqu’un venait te piquer ton goûter à la récré tous les jours sous les yeux du personnel enseignant, sans que celui-ci n’intervienne. Il ne faut pas croire que seule l’Allemagne ait colonisé d’autres pays. Le Royaume-Uni et la France n’étaient pas en reste et ont même occupé plus de territoires que l’Allemagne. Après la Première Guerre mondiale, en 1918, l’Allemagne a dû abandonner ses colonies au profit des vainqueurs de la guerre. Aujourd’hui, la plupart des pays colonisés sont indépendants[1]. Mais même de nos jours, l’Allemagne a toujours des comptes à rendre aux anciennes colonies, par exemple, parce que nombre de ses musées contiennent des œuvres d’art qui devraient être rendues aux pays auxquels elles ont été volées pendant la colonisation.

En 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale, ce service central botanique pour les colonies allemandes fut très endommagé par des bombes. Aujourd’hui, il en reste surtout la Welwitschia mirabilis, provenant de Namibie.

[1] Du moins en ce qui concerne leurs gouvernements. En réalité, les dépendances économiques restent très fortes et les pays « développés » continuent de profiter énormément des anciennes colonies.

Arrivée à Berlin

22/10/2024ÉphéméridesMétéo
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Je suis arrivé chez ma famille d’accueil par la poste ce matin. Il y a beaucoup de vent, alors nous sommes restés à la maison. Sinon, le vent aurait pu m’emporter.

De toutes façons, je suis fatigué. Entre l’école et la maison de ma famille d’accueil, il y a presque 1 500 kilomètres. Après un si long trajet, il faut se reposer.

Je suis à Berlin, la capitale de l’Allemagne. Environ 3,8 millions de personnes y vivent. Pour comparer, la ville de Paris compte à peu près 2,1 millions d’habitants. Berlin est divisée en douze arrondissements et 97 quartiers. C’est une ville plate, avec très peu de petites collines, de nombreux lacs et rivières et 39 % d’espaces verts, ce qui la rend idéale pour se déplacer en vélo.


Clique sur une image pour l’agrandir. Les trois premières cartes ont été réalisées grâce à MapChart.

Berlin a été marquée par un parcours mouvementé au cours du XXe siècle et nous allons visiter plusieurs lieux d’importance historique pendant mon séjour.