La Currywurst

17/11/2024ÉphéméridesMétéo
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Aujourd’hui, on va parler de la cuisine berlinoise. Quand on pense à la gastronomie allemande en général, vue de la France, on pense surtout aux saucisses, comme illustré par exemple par le journaliste David Castello-Lopez dans sa vidéo sur les hymnes nationaux de plusieurs pays d’Europe :


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Une des spécialités de saucisse appréciée des allemands comme des touristes est la « Currywurst », qui se traduit par « saucisse au curry ».

Il s’agit d’une saucisse de couleur plutôt blanche, faite de viande de porc et de veau, grillée et recouverte d’une sauce ketchup à laquelle des épices sont ajoutées. Spécialité de restauration rapide, on la retrouve dans des snack-bars partout en Allemagne et même dans les wagons-restaurants des trains, mais son origine fait l’objet de disputes. Selon l’histoire la plus répandue, c’est la restauratrice Herta Heuwer qui a inventé la recette de la sauce curry pour accompagner cette saucisse, pendant l’été 1949, dans le quartier de Charlottenbourg à Berlin. Cela fait donc 75 ans. Depuis, la Currywurst a envahi la ville et le reste de l’Allemagne. On compte aujourd’hui 1 500 snack-bars proposant de la Currywurst à Berlin. Chaque année y sont consommées 70 millions de Currywürste (pluriel de Currywurst). À Berlin, il existe deux variantes de la Currywurst : avec et sans peau. Depuis quelques années, on trouve aussi des saucisses véganes, c’est-à-dire préparées sans viande animale.

Nous sommes allés à la Bratpfanne, un kiosque de restauration rapide très fréquenté dans le quartier de Steglitz, pour goûter la Currywurst. Enfin, il y avait surtout beaucoup de frites et très peu de saucisse à mon goût.


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La chute du mur de Berlin, 35 ans après

09/11/2024ÉphéméridesMétéo
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Le 9 novembre est une date lourde d’histoire en Allemagne. En 1918, deux jours avant que soit signé l’armistice de la Première Guerre mondiale, la « République allemande » fut proclamée, mettant fin à l’empire allemand.

En 1938, l’Allemagne était depuis cinq ans sous l’emprise du parti d’extrême droite des national-socialistes, désignés en France par l’abréviation « nazis ». Il s’agissait d’un parti à l’idéologie xénophobe, raciste et, particulièrement, antisémite, c’est-à-dire prônant la haine des juifs. Les nazis se sont servi du peuple juif comme bouc émissaire et l’ont décrété responsable de tous les problèmes de l’Allemagne, comme la défaite de la Première Guerre mondiale, alors que c’était totalement injustifié et absurde. Mais ce genre de populisme marche encore et toujours, malheureusement. Le 9 novembre 1938, cela a conduit à la « nuit de Cristal », pendant laquelle des centaines de lieux de culte et des milliers d’entreprises et de magasins juifs furent détruits dans toute l’Allemagne.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne vaincue fut partagée en quatre zones d’occupation par les puissances alliées : la France, les États-Unis d’Amérique, le Royaume-Uni et l’Union soviétique. Il en fut de même pour Berlin. L’Allemagne de l’Est (République démocratique allemande, RDA) était occupée par l’Union soviétique et il y fut mis en place une dictature : un régime politique sous lequel les gens n’avaient pas de droit d’exprimer leurs opinions si elles différaient de celles de leurs dirigeants et où les gens étaient punis si ils participaient à des manifestations. Cela a poussé tous les mois des milliers de personnes à fuir la RDA pour se réfugier en Allemagne de l’Ouest (République fédérale d’Allemagne, RFA).

Carte de Berlin. La ligne rouge marque l’emplacement du mur. Cette carte a été créée à partir de celle-ci (plus d’information).

Dans la nuit du 12 au 13 août 1961, le gouvernement de la RDA fit construire autour de la partie Ouest de Berlin un énorme mur de 155 kilomètres de long et 3,6 mètres de haut, prenant les habitants par surprise, afin de les empêcher de quitter la RDA. De nombreuses familles se sont ainsi retrouvées séparées sans possibilité de se revoir pendant de nombreuses années. Plus qu’un mur, il s’agissait d’un large couloir entre deux murs, contenant des tours de guets dans lesquelles des gardes armés surveillaient la frontière et tiraient sur quiconque essayait de passer. Nous avons vu une partie de l’ancien mur dans le cimetière des Invalides la semaine dernière.

Le 9 novembre 1989, suite à une erreur lors du discours télévisé d’un dirigeant politique de la RDA sur une nouvelle réglementation des voyages soudainement beaucoup plus permissive vers la RFA, des milliers de Berlinois de l’Est se ruèrent vers les points de passage du mur. Dépassés par les évènements, les gardes les laissèrent passer. Dans les jours qui suivirent, le mur fut détruit. C’est également le point de départ de l’effondrement de l’empire soviétique.

Pour commémorer la chute du mur de Berlin, la ville organise des festivités. Nous sommes allés sur la place de Potsdam, à travers laquelle passait le mur de Berlin.

Place de Potsdam sur la carte de Berlin.

Aujourd’hui, la place est méconnaissable. Des gratte-ciel y ont poussé, contenant des bureaux. La photo de gauche montre les gratte-ciel vus depuis le musée de la Neue Nationalgalerie. En chemin, nous avons découvert une sculpture de l’artiste américain Keith Haring, intitulée « les boxeurs ». La sculpture est placée dans une fontaine qui a été vidée pour l’hiver, afin qu’elle ne subisse pas de dégâts à cause du gel.


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Le trottoir au milieu de la rue est parsemé d’étoiles en l’honneur d’acteurs célèbres, un peu comme le « walk of fame » à Hollywood, Los Angeles. Bien sûr, on y trouve l’étoile de Marlene Dietrich, dont nous avons visité la tombe au cimetière Schöneberg III. Un peu plus loin, sous le dôme, se trouvent cinémas, restaurants, magasins et bureaux.


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Pour les 35 ans de la chute du mur de Berlin, les habitants ont été appelés à fabriquer des pancartes sur ce thème. En tout, il y en a mille, exposées entre la place de Potsdam et la porte de Brandebourg. Nous en avons choisi quatre. La première est intéressante car elle contient une phrase en dialecte Berlinois : au lieu de « das ist Berlin », ce qui signifie « c’est Berlin », il y est écrit « dit is Berlin ». Les Berlinois ne parlent pas tous l’allemand standard, mais ça reste tout de même compréhensible.


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Le parcours se termine devant la porte de Brandebourg, avec une installation de lumières, des écrans et une scène pour des concerts.


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Tournée des cimetières

31/10/2024ÉphéméridesMétéo
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Pour Halloween, nous avons visité plusieurs cimetières de Berlin. C’est une façon de découvrir l’histoire de la ville à travers les personnes qui y sont enterrées.

Cimetière des Invalides

Commençons notre tournée par le cimetière des Invalides, dans le 1er arrondissement de Berlin, Mitte. Inauguré en 1748, c’est un des plus anciens cimetières de la ville. Berlin était alors la capitale du royaume de Prusse[1], qui a souvent été en guerre contre la France. Beaucoup de militaires de cette époque y sont enterrés et ont eu droit à des sépultures magnifiques. Par exemple, la tombe dans la photo de droite est celle du général Hans Karl von Winterfeldt.


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Pour expliquer les photos suivantes, il faut d’abord faire un résumé historique.

Après la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne nazie vaincue fut partagée en 1945 en quatre zones d’occupation par les puissances alliées : d’un côté, les trois puissances de l’Ouest, la France, les États-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni, et de l’autre côté la puissance de l’Est, l’Union soviétique. Berlin, située en Allemagne de l’Est, fut en tant que capitale de l’Allemagne également partagée en quatre secteurs d’occupation.

En 1961, le gouvernement est-allemand érigea un mur de 155 kilomètres de long et 3,6 mètres de haut encerclant complètement Berlin-Ouest, afin d’empêcher les habitants de l’Allemagne de l’Est de fuir vers Berlin-Ouest.


Clique sur une image pour l’agrandir. Ces cartes ont été créées à partir de celle-ci (plus d’information).

Ce mur de Berlin, qui est resté jusqu’en 1989, traversait le cimetière des Invalides. C’est ici que l’on déplora en 1962 les premières « victimes du mur », lorsqu’un adolescent de 14 ou 15 ans tenta de fuir la dictature du régime de l’Allemagne de l’Est en se jetant dans le canal pour rejoindre Berlin-Ouest à la nage. À la suite d’un échange de tirs entre les gardes-frontières de chaque côté du mur, l’adolescent fut grièvement blessé pendant qu’il nageait et Peter Göring, le garde-frontière du côté Berlin-Est qui lui tirait dessus, fut abattu.

Aujourd’hui, des portions du mur sont restées dans le cimetière afin de commémorer ces évènements. Nous verrons d’autres vestiges du mur de Berlin pendant mon séjour.


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Cimetière de Dorotheenstadt

Le cimetière de Dorotheenstadt est situé à vingt minutes de marche du cimetière des Invalides. Il fut fondé en 1762. Plusieurs personnalités de la vie politique et littéraire y sont enterrés. En particulier, l’écrivain Bertolt Brecht et son épouse l’actrice Helene Weigel (photo de gauche), le philosophe Georg Wilhelm Friedrich Hegel (photo du milieu) et le chimiste et médecin Friedrich Hoffmann (photo de droite).


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L’histoire et l’expérience enseignent que les peuples n’ont absolument rien appris de l’histoire.
— Hegel, « La philosophie de l’histoire »

Plusieurs tombes ont été endommagées pendant des combats.


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Ce cimetière est directement adossé au cimetière français de Berlin, qui fut ouvert en 1780 pour la communauté des descendants Huguenots et des Protestants d’origine française qui s’étaient réfugiés à Berlin lorsque l’édit de Nantes fut révoqué par Louis XIV en octobre 1685.

Ancien cimetière Saint-Matthieu

Ici sont enterrés les frères Grimm, Wilhelm et Jacob, qui ont atteint une renommée internationale par la publication de recueils de contes, dont les plus célèbres comptent Blanche-Neige, Cendrillon, la Belle au Bois Dormant, Hansel et Gretel…


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Cimetière Schöneberg III

Nous continuons vers le sud-ouest de Berlin pour visiter la tombe de l’actrice et chanteuse Marlene Dietrich, qui rejeta la nationalité allemande et se fit naturaliser américaine en 1939 du fait de son opposition à la politique nazie de l’Allemagne. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle partit rejoindre le front européen et donna plusieurs concerts pour soutenir moralement les troupes combattant l’Allemagne.


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Cimetière boisé de Berlin-Zehlendorf

Ici sont enterrées plusieurs personnalités politiques, dont des anciens maires de Berlin. Nous avons visité la tombe de Willy Brandt, qui fut non seulement maire de Berlin pendant que le mur fut construit, mais aussi chancelier de l’Allemagne de l’Ouest. Dans cette fonction, il a établi des relations diplomatiques avec plusieurs pays du bloc de l’Europe de l’Est et a pour cela reçu le prix Nobel de la paix en 1971.


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Une partie du cimetière est consacrée au cimetière militaire italien, où reposent 1 117 victimes de la Seconde Guerre mondiale. Sur la dernière photo, de gauche à droite, on reconnaît les drapeaux de la ville de Berlin, de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Union européenne.


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[1] C’est lorsque la France a déclaré la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870 que les différents états se sont unifiés contre elle et ont formé un empire allemand après la défaite de la France. Avant, les états avaient formé des alliances entre eux, mais ils étaient gouvernés indépendamment les uns des autres.

Au jardin botanique

23/10/2024ÉphéméridesMétéo
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Localisation du jardin botanique sur la carte de Berlin. Clique pour agrandir.

Par une magnifique journée ensoleillée d’automne, nous sommes allés au jardin botanique, situé dans le 6e arrondissement de Berlin, Steglitz-Zehlendorf.

Le jardin botanique a été créé entre 1897 et 1910 et appartient à l’université libre de Berlin, qui dirige aussi un musée botanique situé à l’entrée du jardin du côté nord (place de la reine Louise).

C’est l’un des plus grands jardins botaniques en Europe, avec une superficie de 43 hectares et plus de 22 000 espèces de plantes différentes.

Le jardin est partagé en plusieurs zones, chacune dédiée à une zone géographique spécifique du monde. Nous nous sommes surtout promenés dans la partie japonaise du jardin.


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Le jardin contient également quinze serres, dont la « grande serre », qui est la plus grande construction en acier et verre au monde. La première serre que l’on voit en entrant dans le jardin par l’entrée nord est celle des cactus.


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À l’étage sont rassemblées plusieurs plantes carnivores. Ici, l’air est plus humide. Les différentes salles des serres sont séparées par des portes hermétiques qui permettent d’avoir des conditions de température et d’humidité différentes.


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En 1899 fut créé dans le bâtiment du musée botanique un « service central botanique pour les colonies allemandes ». Celui-ci avait pour but d’étudier les plantes des colonies allemandes, afin de mieux comprendre ces plantes et d’optimiser les plantations. Car à l’époque, l’Allemagne avait colonisé ou essayé de coloniser, au moins en partie, beaucoup de pays, entre autres : la Namibie, le Cameroun, le Togo, le Nigeria, le Tchad, l’Afrique centrale, le Congo, le Gabon, la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi, le Kenya, la Nouvelle-Guinée, les îles Samoa, ainsi que quelques territoires en Chine.

Qu’est-ce que ça veut dire ? Le colonialisme, c’est quand un pays prend le contrôle d’un autre pays, souvent très loin de lui, pour s’approprier ses ressources naturelles comme des pierres précieuses, des minéraux, des plantes ou des épices. Les habitants de ces pays n’avaient pas le choix et n’étaient pas en position de se défendre. En gros, c’était du vol toléré par le reste du monde, comme si quelqu’un venait te piquer ton goûter à la récré tous les jours sous les yeux du personnel enseignant, sans que celui-ci n’intervienne. Il ne faut pas croire que seule l’Allemagne ait colonisé d’autres pays. Le Royaume-Uni et la France n’étaient pas en reste et ont même occupé plus de territoires que l’Allemagne. Après la Première Guerre mondiale, en 1918, l’Allemagne a dû abandonner ses colonies au profit des vainqueurs de la guerre. Aujourd’hui, la plupart des pays colonisés sont indépendants[1]. Mais même de nos jours, l’Allemagne a toujours des comptes à rendre aux anciennes colonies, par exemple, parce que nombre de ses musées contiennent des œuvres d’art qui devraient être rendues aux pays auxquels elles ont été volées pendant la colonisation.

En 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale, ce service central botanique pour les colonies allemandes fut très endommagé par des bombes. Aujourd’hui, il en reste surtout la Welwitschia mirabilis, provenant de Namibie.

[1] Du moins en ce qui concerne leurs gouvernements. En réalité, les dépendances économiques restent très fortes et les pays « développés » continuent de profiter énormément des anciennes colonies.

Arrivée à Berlin

22/10/2024ÉphéméridesMétéo
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Je suis arrivé chez ma famille d’accueil par la poste ce matin. Il y a beaucoup de vent, alors nous sommes restés à la maison. Sinon, le vent aurait pu m’emporter.

De toutes façons, je suis fatigué. Entre l’école et la maison de ma famille d’accueil, il y a presque 1 500 kilomètres. Après un si long trajet, il faut se reposer.

Je suis à Berlin, la capitale de l’Allemagne. Environ 3,8 millions de personnes y vivent. Pour comparer, la ville de Paris compte à peu près 2,1 millions d’habitants. Berlin est divisée en douze arrondissements et 97 quartiers. C’est une ville plate, avec très peu de petites collines, de nombreux lacs et rivières et 39 % d’espaces verts, ce qui la rend idéale pour se déplacer en vélo.


Clique sur une image pour l’agrandir. Les trois premières cartes ont été réalisées grâce à MapChart.

Berlin a été marquée par un parcours mouvementé au cours du XXe siècle et nous allons visiter plusieurs lieux d’importance historique pendant mon séjour.